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Souveraineté numérique

Une fuite chez votre prestataire :
qui prévient la CNIL ?

Ce n’est pas le cabinet. Et cette phrase, mal comprise, coûte des heures à ses clients le jour où ça arrive.

Publié le 27 août 2026 · par Nathalie Falsimagne, Architecte IA & Expert-comptable diplômée, ancienne contrôleuse qualité de l’Ordre

Les données de 3,5 millions d’entreprises ne passent pas par l’État

Elles passent par leur cabinet d’expertise comptable. Le Conseil national de l’Ordre l’écrit lui-même : la profession compte plus de 22 000 experts-comptables, « partenaires de plus de 7 entreprises sur 10, soit environ 3,5 millions de structures », et emploie plus de 186 000 salariés.

La division tient en une ligne : environ 160 dossiers derrière chaque signature. C’est ce qui fait du cabinet un point de concentration, et c’est pour cela qu’un incident chez un prestataire ne touche pas un client, mais tous ses clients en même temps.

Trois questions, une seule réponse :

La chaîne de notification : quatre maillons, l’information remonte

Sur les données de ses clients, le cabinet est sous-traitant au sens du RGPD. Il ne saute pas de maillon, et il n’appelle pas la CNIL.

  1. Le sous-traitant ultérieur (par exemple l’hébergeur qui sauvegarde) prévient l’éditeur du logiciel.
  2. L’éditeur prévient le cabinet.
  3. Le cabinet prévient son client, dans les meilleurs délais. RGPD, article 33.2
  4. Le client, seul responsable de traitement, notifie la CNIL dans les meilleurs délais et, si possible, 72 heures au plus tard. RGPD, article 33.1

Les deux points qu’on oublie systématiquement.

Le compteur de 72 heures du client démarre quand le cabinet l’informe, pas au moment de la fuite. Chaque heure prise par le cabinet est une heure perdue par son client : c’est ce qui rend le délai du cabinet opposable. On écrit « dans les meilleurs délais et si possible sous 72 heures », jamais « dispose de 72 heures ».

Le cas inverse existe. Sur ses propres données, salariés du cabinet, échanges internes, facturation, le cabinet est responsable de traitement et notifie lui-même la CNIL. Une fuite réelle relève souvent des deux régimes à la fois.

Le régulateur, lui, a déjà changé de rythme

Le tableau ci-dessous est le relevé exhaustif des décisions de sanction publiées par la CNIL, recomptées une à une dans le tableau officiel : 395 décisions de 2011 à 2026. Vingt-deux en 2022, quarante-deux en 2023, quatre-vingt-sept en 2024.

Sanctions prononcées par la CNIL, par année de décision
AnnéeDécisions 
20118
201215
201313
201418
20159
201613
201714
201812
201910
202015
202118
202222
202342
202487
202583
202616

Source : cnil.fr, sanctions prononcées. Relevé du 27 août 2026. L’année 2026 est partielle, la dernière décision listée datant du 2 avril : elle ne se compare pas encore.

Les deux paliers de l’article 83

Palier 1 · article 83.4
10 M€ ou 2 %

du chiffre d’affaires annuel mondial total, le montant le plus élevé des deux. Obligations du responsable de traitement et du sous-traitant.

Palier 2 · article 83.5
20 M€ ou 4 %

du chiffre d’affaires annuel mondial total, le montant le plus élevé des deux. Principes du traitement, droits des personnes, transferts hors Union.

Le 8 décembre 2023, cette chaîne a joué en vrai

Un rançongiciel frappe l’hébergeur d’un éditeur de logiciels comptables. Aucun des cabinets concernés n’était visé : le maillon touché était celui dont personne ne connaissait le nom.

Quatre mois plus tard, l’Ordre des experts-comptables Paris Île-de-France négociait encore des délais de déclaration pour les cabinets concernés. Ce n’est pas la panne qui dure, c’est sa conséquence.

On ne se fait pas attaquer. On se fait traverser.

L’attaquant ne veut pas votre cabinet. Il veut vos clients, et vous êtes le chemin le plus court vers eux tous à la fois.

Sources de ce cas

Ce qui ne suffit plus, ce qui tient

Ce qui ne suffit plus
  • Un prestataire sérieux, choisi de confiance
  • Une clause de confidentialité au contrat
  • Personne n’a rien eu jusqu’ici
Ce qui tient
  • Savoir où sont les données, et chez qui
  • Une équipe qui reconnaît le geste à risque
  • De quoi montrer ce qui a été fait, et quand

Une sanction n’arrive pas par surprise. Elle arrive au terme d’un contrôle, et le contrôle regarde ce que vous pouvez montrer, pas ce que vous aviez l’intention de faire.

Le livret complet, en quatre pages

Le maillon que personne ne nomme Quatre pages A4, imprimables en livret : l’argument, la preuve chiffrée, la réponse et le passage à l’acte. Tous les chiffres portent leur source. Télécharger le PDF ↗

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